Jacqueline Gonin nous a quittés

Bonjour à toutes et tous, membres et anciens membres de notre association.

Jacqueline Gonin

Jacqueline GONIN

Jacqueline GONIN vient de nous quitter dans la nuit du 31 décembre dernier. Tant de bons souvenirs nous relient à elle : sa pertinence, sa culture, et son attention aux autres ! Elle était adhérente de notre association depuis fort longtemps, menant un combat commun avec son époux Raymond, décédé en 2003 et défenseur très actif de la langue internationale équitable : l’Espéranto. Nous étions très proches, grâce à l’amitié qui liait Raymond à mon beau-père, né comme lui en 1913 et aveugle comme lui, François GERBER.

Un article spécifique est consacré à Raymond GONIN dans l’encyclopédie Vikipedio, portail/section en esperanto de Wikipédia.

Raymond Gonin

Raymond GONIN

On y apprend que, né en Saône-et-Loire, il a principalement vécu à Villeurbanne et a étudié l’Espéranto à la suite de la découverte d’une brochure en Braille de Théophile CART : « L’Espéranto en dix leçons ». Il a alors participé à la création, avec Théophile Cart, et à l’occasion de la tenue du congrès de l’Association Universelle d’Espéranto (UEA) à Paris en 1932, de l’association universelle des aveugles : Universala Asocio de Blindul-Organizaĵoj (UABO), dont on peut découvrir (en esperanto) les actions et le rayonnement véritablement international dans cet article, puis a créé et est devenu pendant plusieurs années président de l’Union Française des Espérantistes Aveugles (Franca Unuiĝo de Blindaj Esperantistoj – FUBE).

En 1974 il a reçu un hommage officiel de la République Française, et a été décoré des Palmes Académiques pour ses actions en faveur de l’enseignement de cette langue.

Son fils nous a confié les circonstances de la fin de vie de sa maman : « Depuis une chute malencontreuse qu’elle avait faite chez elle il y a moins d’un mois, elle avait dû être opérée au genou et avait mal récupéré de l’anesthésie, ce qui s’était traduit par une accentuation de ses troubles de la connaissance. Elle se trouvait donc dans une clinique de rééducation en attendant son placement en EHPAD. À l’occasion du repas de réveillon du 31 elle a probablement fait une « fausse route » et a été saisie de vomissements malheureusement en partie inhalés. Malgré une oxygénation massive et son transfert aux urgences, il n’a pas été possible de la sauver. Sa crémation aura lieu ce jour à 14 heures au crématorium de Roost-Warendin, près de Douai ».

Slogan des girondines (E-o)« Depuis deux-trois mois, elle se fatiguait vite à lire en Braille, et depuis l’opération avait d’inquiétantes escarres aux pieds, sans qu’elle se plaigne particulièrement de douleurs quand elle était allongée ou assise sur son lit de clinique. Ces dernières années, elle me reparlait souvent de ses contacts de Lyon et des réunions de l’association FRRA en vue de la transformation du foyer » …dont nous savons que cela s’est concrétisé par la réalisation et l’ouverture de l’établissement des Girondines.

Ni estos tutkore, kun sia familio kaj amatoj ĉi-posttagmeze, kaj sendas al ili niajn sincerajn kondolencojn [nous serons de tout notre coeur avec sa famille et ses proches cet après-midi, et leur adressons nos sincères condoléances].

Camille Gintzburger, président du FRRA, avec l’aide de notre webmestre, espérantiste !

Meilleurs vœux pour 2019

Toute l’équipe  des bénévoles du Foyer Résidence Rhodanien des Aveugles et des salariés de la maison de retraite des Girondines vous souhaitent de bonnes fêtes et une année 2019 pleine de petits et grands bonheurs.

Le court extrait incrusté dans cette carte postale musicale est d’un grand homme de paix, Graeme Allwright et illustre un thème qui nous est cher, le lien entre les ainés et les plus jeunes. Dans cette démarche, il rejoint un autre grand homme de paix qui nous a quittés récemment, et dont il a traduit en français de nombreuses chansons, Pete Seeger, honoré dans la vidéo ci-dessous à l’occasion du cinquantenaire d’Amnesty International. Puissiez-vous, puissions-nous rester, comme le dit cette chanson, à jamais jeunes…

Conseil d’administration du FRRA

Le Conseil d’administration du Foyer-Résidence Rhodanien des Aveugles (FRRA) s’est réuni hier soir 26 septembre 2018, aux Girondines.
administratrice et administrateur utilisant un ordinateur avec clavier Braille, entre les claviers une canne blanche , pliante et pliée

Administratrice et administrateur utilisant un ordinateur avec clavier Braille. Entre les claviers : une canne blanche pliée

Le nouveau bureau, élu à partir de ce jour, est identique à celui de l’année dernière. : Président : Camille GINTZBURGER , Vice président : Thierry BEYLE, Secrétaire : Christian CORDIER, Trésorier : Jean Claude MOUTON.
Camille GINTZBURGER, président

Camille GINTZBURGER, président

Thierry BEYLE, vice-président

Thierry BEYLE, vice-président

Jean-Claude MOUTON, trésorier

Jean-Claude MOUTON, trésorier

Christian CORDIER, secrétaire

Christian CORDIER, secrétaire

Assemblée générale du FRRA aux Girondines

Aujourd’hui s’est tenue l’assemblée générale de l’association Foyer-Résidence Rhodanien des Aveugles (FRRA) dans son établissement des Girondines. La photo ci-dessous regroupe les présents devant l’entrée des Girondines.

AG 2018 du FRRA

De gauche à droite, sont présents :

Thierry BEYLE, Pascal CHAPUY, Françoise LUCAS, Camille GINTZBURGER, Pierre AGULLO, Christian CORDIER, Annabel SOLIGNAC, Pascal BUTHION, Bruno MARQUET, Nathalie PARIS, le caniche « Cocktail », Ginette BOURGIN, Anne-Marie PEROSINO et Jean-Claude MOUTON.

La crise des EHPAD – Appel de Bernard Devert

C’est un honneur, pour les Girondines, d’avoir pour partenaire l’association Habitat et Humanisme, dont le fondateur, Bernard Devert, a un parcours de vie si singulier, décrit aussi dans la page Wikipédia qui lui est consacrée.

Et cela l’est encore plus quand il prend la plume pour défendre la dignité des soignants des EHPAD au nom de la qualité de vie et du respect que nous devons à nos aînés résidents, dans un texte que nous ne pouvons que recopier ci-dessous, tant nous l’approuvons pleinement.

La crise des EHPAD, un appel à prendre soin des soignants

Le 15 avril, une date importante : le Chef de l’Etat confirme – dans une interview qui restera dans les annales – la prise en compte du cinquième risque, la dépendance.

M. Emmanuel Macron, reconnaissant la nécessité d’investir et de médicaliser les EHPAD, propose un calendrier, deuxième semestre 2018 pour une présentation du financement du grand âge, début 2019.

La colère montante des soignants dans les établissements est entendue par le Président de la République ; il la reconnaît légitime. N’a-t-elle pas fait l’objet d’une manifestation exemplaire le 30 janvier sur l’ensemble du territoire, les soignants défendant, non pas des intérêts catégoriels, mais les patients.

Ainsi, les résidents ne furent pas captifs de ce mouvement de grève, au demeurant fort bien compris de l’opinion, saisissant avec l’éclatement du vieillissement, la difficulté des soignants. Nombre d’entre eux, au sein des maisons médico-sociales, prennent désormais en charge le soin palliatif. Infirmières et aides-soignants se trouvent ainsi confirmés et confortés dans leur mission.

Les aides-soignants en charge du prendre-soin ont un veilleur inexorable, l’horloge, imposant des toilettes à effectuer en 7 mn, soit une durée inférieure de trois fois à celle des personnes en bonne santé.

Quelle frustration ! En allant trop vite, ne passe-t-on pas à côté de l’essentiel aggravant le ressenti amer de bien des patients qui, éprouvant déjà leur inutilité, ont le sentiment d’être une charge.

Le respect commence là où l’on se met au diapason de l’autre ; alors, seulement, surgit une harmonie. Ce moment de l’intime, lié à la toilette, ne serait-il pas à privilégier pour que le dévoilement du corps permette un lâcher-prise, à commencer par le récit de ces nuits lézardées par l’isolement et l’angoisse de la mort.

Le soignant, de par sa mission pour partie vocationnelle, souffre d’observer que son engagement se réduit trop souvent aux seuls actes à poser. Or, l’ordonnance ne dit pas tout ; demeure cette part manquante qui n’intervient que si la complicité jaillit. Il faut là encore du temps.

Ce matin, je rencontrais un homme au soir de sa vie. Assis au bord de sa chaise, seul, il était comme perdu. Il me dit être médecin neurologue. Atteint d’un parkinson, il me partagea difficilement ce qui l’animait. L’écoute illumina son regard, j’ai quitté un vivant.

L’humanité s’évalue à l’aune de l’attention à la fragilité

La tendresse est un soin qui n’a pas de prix ; elle est attendue, espérée.

L’acronyme EHPAD est à revoir. Ce mot affreux d’établissement, synonyme d’anonymat, de normes doit être supprimé pour lui préférer celui d’hospitalité, un accueil au sein duquel la fragilité est prise dans sa dimension soignante et humanisante.

Qu’est-ce que le soin s’il n’est pas accompagné d’empathie, de générosité. La Nation, en prenant en charge ce temps nécessaire aux soignants et aux soignés, donnerait à la fraternité une acuité renouvelée renforçant la cohésion sociale. Qui refusera cette valeur républicaine à nos aînés en situation de vulnérabilité.

Quand la vie laisse entrevoir la finitude, s’impose une ‘humanitude’.

Au soir de l’existence, tel le coucher du soleil, la lumière transforme le regard. Une douceur s’opère. Les rides ne signent pas l’agression du temps, elles traduisent l’énergie mobilisatrice d’une vie, si riche de sens que son effacement laisse entrevoir le déjà-là d’une promesse, secret du cœur et de l’esprit.

Bernard Devert, avril 2018

Rencontre avec Françoise Rivoire, adjointe au maire de Lyon

Autour de Francoise RIVOIRE, adjointe au maire de Lyon, déléguée aux liens intergénérationnels et aux personnes âgées, le repas d’hier midi à permis à  six membres de Habitat et Humanisme qui accompagnaient Bernard DEVERT, son président,  d’échanger avec  cinq de nos administratrices et administrateurs.

Tous les participants ont apprécié l’écoute et les ouvertures que Françoise Rivoire a manifesté, au travers de son attention vigilante et amicale à l’égard des responsables et du personnel de l’EHPAD des Girondines.